Du polythéisme au monothéisme

La civilisation européenne est une des plus anciennes en activité. Elle sert encore aujourd’hui de référence dans différents domaines à travers le monde.

Elle doit sa longévité à la vitalité, certes tumultueuse, à la dynamique de pouvoir entre l’Église et l’Etat.

  • L’Église s’occupe des âmes, de la spiritualité, mais aussi de la bonne tenue morale de ses paroissiens.
  • L’Etat s’occupe de la protection du territoire et de la défense des intérêts de ses concitoyens.

Le pouvoir spirituel est le plus ancien pouvoir structuré. Il est né de la nécessité de faire corps au sein des tribus.

L’Homme est un animal qui n’a d’autres moyens de défense que le langage et sa capacité à créer. Seul, il ne peut rien faire. Il est donc obligé de vivre en tribu. Et la tribu est obligée de vivre soudée. Elle doit partager des valeurs et plus encore.

  • Les cérémonies à caractère spirituel ont pour objet, à travers les prières collectives et les chants de mettre en concordance les âmes, et plus concrètement les organismes.
  • Les prédications ont pour objet de rappeler sans cesse les valeurs morales et spirituelles partagées par la tribu.

Le polythéisme en vigueur à Rome a finalement été rejeté en raison de sa dispersion : chacun son dieu préféré et, pour les riches, tous les dieux pour le cas où l’un d’entre eux serait plus sérieux…

Le christianisme est une dérivée inclusive de la religion juive, qui est non inclusive. Elle propose un dieu unique, mais demande à chacun de prendre ses responsabilités d’être humain. Elle amène à débattre des grandes questions qui se posent à l’Homme, sur un plan spirituel.

L’Etat est lui-même confronté à ces mêmes questions mais sur le plan pragmatique. C’est de cette controverse permanente que peut naître le progrès sociétal. Voilà pourquoi en partageant le pouvoir, l’Europe a assuré sa continuité civilisationnelle depuis la chute de Rome.

Mais l’Etat a pris le dessus sur l’église et à présent, c’est la finance qui a pris le dessus sur l’Etat en entraînant l’Etat dans le piège de la dette à travers des mécanismes monétaires qui comprime toujours plus le bon accomplissement des fonctions régaliennes et en laissant prospérer un consumérisme irresponsable.

 

Plus d’église, plus d’Etat, seulement le diktat du profit ?

Mais voilà que le consumérisme montre ses limites, illustrées par les paysages défigurés et la faune en perdition et que l’affaiblissement de l’Etat endetté menace la cohérence de la démocratie, même pas encore juvénile.

Dans le même temps, toutes sortes de progrès dont le numérique ouvre de nouvelles perspectives. De plus, l’élévation du niveau d’éducation des populations pousse à repenser notre modèle de société.

Aborder le renouveau sociétal uniquement sur l’angle écologique revient à ne traiter que le haut du sujet, pas ses racines.

Si la religion catholique s’est voulue universelle et que la religion musulmane se veut conquérante, force est de constater que cette approche de propagation des religions pose plus de problèmes qu’elle n’en résout.

L’une comme l’autre suscitent, ou ont suscité, du rejet en raison de leurs références archaïques qui ne tiennent plus, face au progrès scientifique et social. De plus, lorsqu’elles dépassent les bornes de leur cadre religieux pour s’imposer de manière excessive dans les palais de la république, elles déclenchent de la violence interne et / ou externe à la zone géopolitique où elles opèrent.

Alors, parmi les innombrables innovations qui incombent à l’UE pour tracer la voie vers un 21ème siècle orienté vers la prospérité et l’attractivité, une réflexion s’impose à propos de ses églises.

La laïcité est une bâclée et d’ailleurs mal comprise.