Décadence & renouveau : l’Europe, la force tranquille
Par genevieve-b. dimanche 16 février 2025, 17:36. le billet du dimanche modèle de société numérique | Lien permanent.
Selon la presse internationale, deux modèles de société s’affrontent à travers la prise de pouvoir par l’oligarchie numérique.
Les protagonistes sont persuadés qu’ils sont seuls sur le ring.
Mais l’Europe est pourtant là avec ses atouts.
Le choix européen
En réalité, 3 modèles de numérisation de la société se développent :
- Celui qui impose son modèle de société via le principe de « code is law » : tout est géré en numérique. Ce sont les détenteurs des systèmes qui font la loi,
- Celui qui surveille, puni et récompense… Et finalement infantilise ses concitoyens,
- Celui qui joue le local et la transparence démocratique. Les décisions sont prises localement et agrégées de proche en proche au plus haut niveau. Les systèmes sont locaux, les données aussi mais ces systèmes se doivent d’être scalables et interopérables. Le modèle estonien X-Road en est une prémisse.
Les Européens ont fait leur choix. Reste à faire en sorte que la structure se mette en place. C’est-à-dire que la dépendance aux USA ressentie par les élus soit dépassée par la volonté des citoyens européens.
La fin d’une époque
Les USA développent des signes de décadence, par exemple à travers une diplomatie outrancière.
Certaines scènes qu'ils nous donnent à voir ou à entendre font remonter en nous, les Européens, la période folle qui marque la décadence de Rome : des hyperriches qui captent la richesse et ne s’en cachent pas. Ou bien, des estafettes qui viennent donner des leçons de démocratie tandis que la leur est piétinée par des trolls au service de stratégies mal intentionnées…
La Chine se fait plus discrète, mais non moins déterminée, dût-t-elle aggraver sournoisement le dérèglement climatique ou esclavager certains segments de sa population.
L’Europe semble soumise car jusqu’à présent, elle ne dispose que d’une organisation qui ne peut que faire des règlements.
L’opportunité européenne
Nous sommes clairement en mutation sociétale. Pour la réussir, il est nécessaire de comprendre pourquoi et comment gérer cette mutation pour aller vers un modèle de société plus mature.
Profiter du désordre pour faire sauter toutes les règles de sagesse est une vision à court terme qui engendre la décadence.
L’Europe peut viser de passer directement au renouveau. Mais, pour le moment, les deux protagonistes sur le ring tentent de la déstabiliser à grands coups d’ingérence et de menaces. Le but est qu’elle soit trop perturbée pour prendre part à l’affrontement entre les cow-boys et leurs homologues chinois.
- En matière de numérique, ayant été rendue incapable de développer les GAFAM, mais simplement réduite à fournir de la matière grise nécessaire, elle n’a pas de système obsolète à entretenir. Seulement à bâtir le numérique qui lui va bien : un numérique modulaire, scalable et fractal.
- En matière d’armement, ayant été anesthésiée en matière de développement militaire, elle a l’opportunité de passer directement à une armée du 21ème siècle, comme elle apprend à le faire en Ukraine.
Nos dirigeants actuels ne sont pas encore dans l’esprit Erasmus, mais la nécessité fait loi et leurs concitoyens sont là pour leur exprimer leurs attentes profondes.
Occupez-vous de vos élus. Leurs chamailleries sont des pertes de temps. Exigez qu’ils se concentrent sur notre avenir. Les sujets ne manquent pas. A eux tous, ils permettent de redessiner un nouveau pacte social plus mature. Par exemple :
- Repenser l’équilibre entre l’économie productive et l’économie contributive à l’aune de la rationalisation de la manière de produire et de consommer et de la décrue démographique,
- Repenser la mobilité, l’urbanisme, l’éducation, l’intergénérationnel… À l’aune du modèle de société qui vient à nous où la protection du patrimoine humain vient s’ajouter aux autres richesses à protéger : la spiritualité, les territoires, les savoirs et dernièrement les capitaux.
- Repenser notre rapport à notre environnement et avec nos voisins comme nous commençons à le faire en y introduisant du respect et des visions à moyen et long terme.
La lenteur permet la profondeur en matière de réflexion. Mais la siutation impose la mobilisation.