Selon l’article publié dans Marianne et signé par Marie-Françoise Bechtel et André Bellon, le premier ministre espagnol Pedro Sánchez est le seul des 32 membres de l’OTAN à s’opposer au dictat des USA en matière de dépenses militaires.

Les USA espère que le réarmement européen va faire tourner ses usines, développer ses capacités d’innovation et décupler son emprise sur les membres de l’OTAN. Mais si depuis la dernière guerre mondiale, l’Europe a fait allégeance aux USA dans bien des domaines, c’est en contrepartie d’une protection militaire. Si les USA ont besoin de revoir cet équilibre, ce n’est pas à travers une injonction unilatérale que cela se règle, mais à travers la recherche d’un consensus entre les membres de l’UE et ensuite entre les membres de l’OTAN.

 

Dans le même esprit, le (supposé) « grand accord », à propos des droits de douane, entre également dans la catégories de ces injonctions qui ont pour objet de permettre aux USA de quoi résorber leur déficit et contribuer à leur réindustrialisation aux dépens de l’UE.

 

À travers les réactions à l’encontre de ces injonctions, nous pouvons penser que tout ceci permet aux Européens de sortir de leur indolence.

Leurs dirigeants doivent leur rendre des comptes. Ils n’y sont pas préparés car nos structures démocratiques ne sont pas adaptées à cette nouvelle donne.

Alors, il devient nécessaire de terminer au plus vite la courbe de deuil de la dernière guerre mondiale afin d’adopter un nouveau paradigme.

Tournons le dos aux partis politiques qui nous promettent de résoudre tous les problèmes sans nous expliquer comment ils comptent s’y prendre. Ni Trump, ni Poutine, Ni Milei, ni Bolsonaro … qui se font élire avec ce type de promesses ne résolvent les problèmes de leurs pays.

Ils sont les fossoyeurs d’un modèle de société qui ne fonctionne plus. Ils affichent fièrement des résultats qui faisaient sens dans l’ancien modèle, mais passent sous silence les effets désastreux des changements qui désespèrent leurs concitoyens.

C’est pourquoi, nous avons besoins de partis qui font évoluer le fonctionnement de l’UE de manière à ce qu’elle ne soit pas au service des lobbyistes mais de notre souveraineté et qu’elle protège son industrie autant qu’elle protège ses consommateurs.

 

Nous n’avons pas à « sauver » les USA à nos dépens. Mais nous avons la possibilité de l’aider à trouver sa nouvelle place au sein de l’occident du 21ème siècle, puisque nous nous mettons en situation d’affirmer notre place réelle au sein de cette communauté.

 

Construisons notre puissance militaire et diplomatique au service d’une souveraineté partagée entre les membres dont la diversité est une richesse tout comme sa cohésion est une protection.

Nous n’allons pas le faire avec des milliards d’€, mais avec de l’audace portée par un élan patriotique. Libérons et structurons cette énergie qui monte.

Ainsi, ces injonctions humiliantes deviennent un déshonneur pour celui qui les profère.