Patriotisme de la Silicon Valley une voie vers le vide infini…
Par genevieve-b. dimanche 31 août 2025, 09:19. à débattre géopolitique numérique économie | Lien permanent.
Claude Revel, dans un post sur LinkedIn, commente un article du Figaro à propos du patriotisme des leaders de la Silicon Valley.
Ce patriotisme s’inscrit dans la prolongation de celui de la haute finance étatsunienne, qui se veut hégémonique.
Cette ligne stratégique qui est indépendante des présidents qui se succédent à la Maison Blanche.
Cependant, le vivant a besoin de diversité pour évoluer. A présent, leur projet se heurte à la réalité.
Rappel historique
Les USA ont développé une vision messianique de l’avenir du monde.
Elle repose sur l’idée que les états doivent confier à des entreprises privées la gestion des ressources. En créant des géants capables répondre à ce besoin, ils deviennent de fait les maître du monde.
L’idée commence par la monnaie. C’est pour cette raison que les banques centrales sont de droit privé.
Puis, les grands argentiers américains (dont JP Morgan) ont voulu dominer la marine marchande. Mais il s’est avéré plus aisé de dominer la finance mondiale et le système monétaire.
Puis, avec la dernière guerre mondiale, ils ont acquis la certitude qu’une autre manière de dominer le monde passait par la maîtrise des données mondiale.
C’est ainsi que la stratégie de développement d’IBM, puis de Microsoft puis des GAFAMS, puis du BitCoin a été progressivement conçue et déployée avec des moyens colossaux.
De Gaule s’y est opposé car il avait compris les enjeux. Pour enrayer cette stratégie, il a engagé certains chantiers dont la bancarisation des ménages et le plan calcul. Mais, via différents moyens, les USA ont anéanti cette volonté. Le plan Marshall et l’accès au pétrole ont fait partie des moyens de pression.
Nos élus, nos enseignements supérieurs ou encore nos hauts fonctionnaires ont entretenu l’acceptation de cette réalité, qui nous pose problème aujourd’hui.
Une stratégie finalement problématique pour les USA
Leur stratégie n’a guère dépassé l’occident. Le reste du monde s’y oppose et s’organise sans les USA. Le piège se retourne contre eux.
Pour y pallier, ils comptent surexploiter leurs « alliés ». Certes, ils peuvent penser qu’ils ont gagné la partie sur l’occident. Mais ils vont rencontrer le triste sort du gagnant au Monopoly : que faire de ses supposées richesses qui ne produisent plus de profit faute de clients solvable ?
C’est ainsi, les parasites finissent par mourir avec leur victime…
Mais surtout, ils se heurtent à une réalité existentielle : dominer le monde par la donnée débouche sur un modèle de société complètement nouveau dont ils ne savent pas quoi faire : l’avenir de l’économie serait dans les loisirs et le service à la personne ont-ils pensé.
Marchandiser la petite enfance, l'éducation, le grand âge, la santé publique, la justice ou encore les infrastructures est une erreur sociétale.
Le sur tourisme devient problématique et les addictions bien plus encore !
La perte de contrôle de nos réseaux de données est une folie en matière de souveraineté.
La réalité : les sans emplois deviennent des sans logis livrés à la violence … Les romains, qui ont été des virtuoses du soft power, l’ont finalement appris à leur dépens.
Quel modèle de société séduisant veulent-ils proposer ?
Peter Thiel et les penseurs de la Silicon Valley imaginent de finir d’exploiter les ressources de notre planète et proposent à une toute petite frange fortunée volontaire d’aller coloniser d’autres planètes.
En attendant, faute de modèle enviable, nous voyons les dictatures prospérer.
Nous sommes antifragiles, c’est le moment de le prouver à nouveau
Pas besoin d’avoir lu tous les plus grands penseurs européens ou ceux qui les ont inspirés pour comprendre que cette idée ne séduira pas le vieux continent : il est intolérant aux dictatures.
Nous sommes les occupants d’un coin de la planète particulièrement avantagé et nous possédons des racines culturelles parmi les plus profondes au monde.
Notre histoire est jalonnée de période de prospérité heureuse et de de mutations douloureuses.
La France, en particulier, est un « pays de cocagne » qui l’incite à une certaine forme d’indolence. Mais, lorsque les dangers s’approchent dangereusement, elle est capable de se réinventer : elle est antifragile !
Nous intriguons les USA de par le fait qu’il nous faut de « Grands Hommes » pour avancer : de Gaule, Napoléon, Louis XIV… Ces « Grands Hommes » se révèlent lorsque le danger est devenu visible mais aussi lorsque les débats induits par les mutations arrivent à maturité.
En cette rentrée 2025 – 2026, les universités des partis et des syndicats permettent de dessiner non pas un modèle de société, mais au moins l’expression de ce que nous ne voulons pas.
Nous avons à nous battre sur tous les fronts :
- redresser notre système éducatif et repenser nos manières de protéger nos territoires et notre patrimoine humain,
- faire le tri dans nos dogmes économiques et politiques et restructurer nos institutions.
Je suggère de donner des moyens aux think tanks pour qu’ils produisent de la pensée utile en étant des lieux de rencontre, d’expertises et d’écoute des intuitifs.
Ce ne sont pas les fabricants de chandelle qui ont inventé l’ampoule électrique.
Ce ne sont donc pas quelques « experts qualifiés » en finance, en démographie ou en climatologie qui vont produire la bonne réponse à la mutation sociétale en cours.
En parallèle, nous devons nous mettre à la recherche d’un « Grand Homme », un vrai, qui ne soit pas le produit d’un « spin doctor » ou un mégalomane au service d’intérêts d’autres puissances malveillantes à notre égard. Un homme capable de proposer une vision et mobiliser les énergies des français au sein de l’Europe.
En attendant, nous pouvons proposer aux USA de faire alliance avec l’Europe et à sa capacité à rebondir. La Chine, anciennnement sous dépendance Russe, fait de même avec son ancien « grand frère ».
Belle rentrée à tous !