À propos de qui « finance la politique »

Une campagne électorale coûte de plus en plus cher. Alors, derrière chaque candidat, il y a un bailleur de fonds qui a des motivations.

Normalement, les candidats s’affrontent sur des doctrines. En pratique, ils font seulement des compétitions de rhétorique. Ceci est bien expliqué dans la vidéo.

Une doctrine, c’est l’ensemble de principes, d’énoncés, érigés ou non en système, traduisant une certaine conception de l’univers, de l’existence humaine, de la société, etc.. Elle s’accompagne volontiers, pour le domaine envisagé (ici la gouvernance du pays), de la formulation de modèles de pensée et de règles de conduite.

 

Ce que la vidéo ne dit pas, c’est que, dans les partis significatifs, les commissions d’attribution des mandats sont opaques. Elles ne rendent aucun compte aux militants. Cela a permis à des puissances extérieures de faire émerger des profils serviles et corvéables.

La pratique la plus courante : avant de faire monter en puissance un candidat, il est de mise de le pousser à faire des gestes compromettants. Des preuves sont établies, mais on lui promet de ne pas les divulguer, sauf s’il se montre rebelle…

Les candidats acceptent de se compromettre pour obtenir un mandat et ils sont choisis pour leur servilité.

Écœurés, les militants délaissent les partis, laissant encore plus la main libre à leurs bailleurs de fonds.

Face aux moyens colossaux des bailleurs de fonds, les petits candidats sont écrasés alors qu’ils sont voués à des causes réelles.

 

Sans reprendre en main notre démocratie, nous irons inexorablement là où nous ne voulons pas aller : une Europe disloquée et en prise avec une Amérique en perte de boussole, nous serons asservis par des prédateurs autoritaires.

Pour cela, nous devons exiger des partis politiques de la transparence :

  • Dans leurs comptes (du parti et pas seulement de la campagne) : leurs ressources et leurs dépenses, ainsi que leurs moyens réels de communication,
  • Dans les comités de sélection des candidats à des mandats électoraux,
  • Dans leurs doctrines,
  • Dans leur communication directe mais aussi indirecte (qui intervient).

Tout parti qui se montre opaque doit être boycotté.

 

À propos de nos stratégies en matière d’innovation

Comme le rappelle Étienne Klein, avant la dernière guerre mondiale, nous avions l’obsession du progrès. La notion d’innovation est devenue une obsession à partir du déploiement du plan Marshall.

Ce plan a eu pour objectif facial de redresser la France, dévastée par la guerre. Mais au motif de veiller au bon usage de cet emprunt, les USA se sont très fortement impliqués dans la manière de le faire.

Leur but réel était de faire de l’Europe un marché stable capable d’écouler les surplus de l’industrie américaine et un fournisseur d’innovation récupérables par l’économie de l’oncle Sam.

 

Or, une innovation, ça se capte, pas le progrès !

Les cabinets américains qui ont répandu cette culture dans nos entreprises ont utilisé des consultants juniors qui étaient eux-mêmes formés dans de grandes écoles et des universités qui leur ont enseigné l’économie de manière dogmatique.

Nos institutions se sont coulées dans cette vision.

Nous avons constaté au MEDEF que la notion d’innovation est un concept flou : à Bercy, à l’ANR, au CNRS, dans les universités, chez les gestionnaires de fonds, chez les donneurs d’ordre… Les contours sont différents. Normal : ils n’interviennent pas au même endroit dans la chaîne qui va de la de la prérecherche, à la recherche fondamentale puis la recherche appliquée et à la diffusion.

Ce qui n’est pas normal, c’est le manque de conscience de cette chaîne de valeur.

 

L’innovation consiste à « faire quelque chose que l’on ne faisait pas avant ». Elle est rarement révolutionnaire, mais elle contribue au progrès.

Pour qu’une innovation significative émerge, il faut généralement de nombreux essais. Les start-up innovantes sont fortement exposées aux échecs.

En France, une entreprise qui échoue est détruite dans un tribunal de commerce. Les brevets et les équipements sont bradés aux plus offrants (peu importe la nationalité et l’usage qu’ils vont en faire). Les créateurs de l’entreprise sont « lessivés » afin qu’ils ne recommencent pas.

Cette logique des tribunaux de commerce est vieille de 400 ans.

Elle est choquante car nous avons besoin d’entrepreneurs et nous avons encore plus besoin de capitaliser sur les expériences intermédiaires. C’était la raison d’être des « débutances » proposées à Jean Pierre Raffarin en 2010.

 

Reprenons la main

Nous avons à faire face à une mutation sociétale de grande envergure. Ce n’est pas avec des partis politiques vendus et de l’innovation bradée que nous allons le faire.

Alors, soyons exigeants vis-à-vis de nos prochains candidats. Demandons leur comment ils peuvent nous permettre de construire un nouveau modèle de prospérité.

En particulier, ils doivent nous aider à protéger nos innovations pour qu’elles contribuent au progrès. La chaîne de valeur qui permet de générer de l’innovation doit susciter l’enthousiasme. Elle doit en finir avec son silotage protecteur et réductionniste.

Nous sommes donc tous acteurs du changement.