En finir avec la supposée impuissance

Nos élus exploitent le moindre incident pour affirmer qu’ils sauraient mieux faire s’ils étaient « aux affaires ». Mais, faute de projet politique crédible, ils nourrissent la défiance envers eux et nos institutions.

Les foyers de réflexion qui nous ont sorti des précédentes crises ne sont plus réellement actifs : les partis politiques, les loges maçonniques, les églises, les universitaires… etc.

 

Nous ne sommes pas explicitement engagés militairement dans la polycrise mondiale, mais nous subissons la guerre d’influence de la part de différents acteurs géopolitiques. A travers une guerre hybride, ils visent à détruire la cohésion européenne, tandis que nous avons à combler les effets délétères de la dernière guerre mondiale.

En particulier, il y a ceux qui ont permis aux USA d’entraver notre évolution en nous gérant comme un protectorat. Leur but, faire ne sorte que :

  • Nous soyons suffisamment stables pour constituer un marché où écouler leurs surplus industriels,
  • Nous générions du savoir, des talents et de l’innovation. En aspirant ce patrimoine immatériel avec un $ rendu artificiellement puissant, ils n’ont eu de cesse de développer leur hégémonie.

Ce temps n’est plus et cela engendre de l’agressivité.

Côté Chine, le décor n’est guère mieux : résolue à devenir durablement l’usine du monde, elle se déchaîne pour détruire nos commerces et récupérer nos marchés.

Bref : la mondialisation heureuse touche à sa fin. C’était fatal puisqu’elle n’a fait que générer de la compétitivité agressive adossée à un consumérisme absurde.

 

Pour en sortir il nous faut :

  1. Un diagnostic clair,
  2. Une stratégie de sortie de crise adoptée par le plus grand nombre,
  3. Des personnalités audacieuses et mobilisatrices pour mener à bien la transition.

 

Nous sommes tous concernés et nous pouvons nous engager en :

  • Acceptant de remettre en cause nos dogmes,
  • S’impliquant dans des think tanks qui travaillent réellement sur le diagnostic et les propositions de solution.
  • Favorisant l’émergence de belles personnes,
  • Étant des électeurs exigeants : qui finance réellement les candidats ? quel modèle de société proposent-ils ? À quoi s’engagent-t-ils réellement ? …

 

Renonçons aux poncifs qui nous abaissent

Exemple politique :

« Les USA innovent, la Chine copie, l’Europe réglemente »

Cette boutade a fait la joie des Américains dont celle du président Obama. Elle ne correspond plus à la Chine et nous devons tout faire pour que l’Europe ne soit plus le « machin » qui subordonne nos capacités aux besoins des USA.

La Chine a dépassé le temps de la copie. Elle innove par elle-même … tout comme nous avons copié la Chine avant d’innover par nous-même.

Si nous nous dotons d’une gouvernance européenne au service de nos volontés d’évolution, nous pourrons à nouveau innover par nous-même.

 

Exemple numérique :

« Nous avons été incapables de prendre le virage numérique »

Cela est faux et la réalité est porteuse d’espérance.

A la fin de la dernière guerre mondiale, les USA et le général de Gaulle ont bien compris l’importance du numérique en matière de compétitivité.

La France et les USA se sont dotés de l’arme de dissuasion. Les armées considèrent qu’une arme de dissuasion doit avoir en miroir une arme offensive.

Les USA se sont dotés d’une arme de persuasion qui s’appelle les GAFAM.

Nous avons tenté de nous doter d’une arme de séduction afin d’attirer des talents en rendant « la France efficace ».

Malheureusement, selon un accord secret (Blum-Byrnes), nous ne pouvions pas le faire. Les USA s’en sont servis pour nous spolier et nous asservir.

Cet accord, lié au plan Marshall, n’a plus cours et l’accès au pétrole est en train de devenir moins impérieux.

Mais surtout, le modèle de société que nous proposent les GAFAM ne nous convient pas puisque, par la volonté des générations montantes, nous nous dirigeons vers une organisation biomimétique où le pouvoir est décentralisé.