Doctrine et polycrise
Par genevieve-b. dimanche 28 décembre 2025, 00:00. atelier des doctrines politique | Lien permanent.
Une doctrine permet de construire un modèle de société.
Mais elle n’est pas éternelle : ses fondamentaux perdent du sens au fil du temps et révèlent des crises en cascade.
Ne pas admettre cette réalité expose à 400 ans de chaos. Alors soyons vigilants aux premiers signes de polycrise.
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Rôle d’une doctrine en politique
Une doctrine est un ensemble de principes, d'énoncés, érigés ou non en système, traduisant une certaine conception de l'univers, de l'existence humaine, de la société, etc. Elle est matérialisée par la formulation de modèles de pensée, de règles de conduite.
Pour diriger un pays, une région, une métropole, une ville ou une zone urbaine, il faut faire adopter une vision, ses atouts et le chemin pour lui donner vie. Cette vision est adossée à une doctrine. Sans doctrine, point de stratégie politique robuste.
Les polycrises
Une doctrine ne convient plus lorsque le contexte change : l’environnement, les technologies, les priorités … les causes sont diverses et la plus part du temps, elles se conjuguent puisque lorsqu’un paramètre de stabilité change de manière perceptible par le citoyens, il révèle les faiblesses des autres paramètres.
Une doctrine n’est donc jamais éternelle. Elle se construit sur la base des précédentes car le vivant évolue toujours selon une logique continue.
Par exemple, pour passer d’une gouvernance royale à une république, nous avons eu besoin de passer par des modèles intermédiaires et nous voyons bien que le modèle démocratique est sur le point de franchir une nouvelle étape sur l’effet de l’évolution des priorités collectives qui s’imposent.
Risques liés à la perte de sens de la doctrine en cours
Dans les périodes troubles générées par la fin d’une doctrine, les citoyens défient leurs dirigeants. Or, ces dirigeants sont rarement en mesure d’accepter la nécessité de faire évoluer leur gouvernance car c’est la seule qu’ils connaissent.
Alors, les citoyens choisissent un nouveau dirigeant.
Ne sachant pas ce qu’ils cherchent exactement, ils donnent leur préférence à celui qui promet beaucoup, sans proposer une nouvelle vision et la manière la prendre en compte.
Alors, même élus démocratiquement, cet élu, soutenu par son cercle de confiance, fait ce qu’il peut … au mieux de ses intérêts. Il ne fait pas évoluer le système, il le radicalise … Car il faut de l’autorité pour imposer l’inacceptable.
Sur le moyen terme, le bilan social, économique et démocratique ne lui est pas favorable, en dépit des supposés « experts » de toutes natures qui donnent des avis. À eux tous, ils font de la cacophonie.
Lorsqu’ils quittent le pouvoir, ces dirigeants expliquent que le job n’est pas faisable. Certains terminent en prison suite à des compromis malheureux … et lourds de conséquence pour leur pays ou pour l’environnement.
Transformer la polycrise en renouveau
Les mutations sociétales deviennent critiques à partir du moment où il y a polycrise : les principes, qui ont fait la force de la civilisation en cours sont dépassés et ils deviennent des dangers.
Les facteurs sont généralement climatiques, idéologiques, anthropologiques, organisationnel … Le désordre qui en résulte ravive des offenses, souvent très anciennes et mal gérées.
Les effets destructeurs se combinent pour générer une régression sociétale qui peut durer un demi-millénaire.
Ce n’est que lorsque la polycrise est admise que peut commencer le travail de reconstruction sur de nouvelles bases en tirant les enseignements de cette radicalisation.
La reconstruction se fait en ayant une bonne visibilité sur le monde qui vient et qui génère la polycrise.
Mais à notre époque, avec toutes les connaissances dont nous disposons, il est possible d’éviter ce désastre en admettant qu’un nouveau modèle de société est possible.
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